26/08/2006

 LE PAIN

22 juin 1940 (3)

Dès le lendemain, on nous apprit que le pain devait durer quatre jours : déception. Chacun de nous reçut un numéro d’ordre : je fus ainsi doté d’un bout de carton portant le numéro 2756 et à l’aide d’une ficelle, je dus le suspendre à un bouton de ma veste. Nous dûmes ensuite passer à la visite. Elle comprenait trois phases : la fouille et le dépôt d’objets prohibés, la douche et la visite médicale. La première opération se passait dans une baraque en bois au nord du terrain de football, les deux autres dans le bloc des services. Avant l’entrée, on devait remplir une fiche et on recevait une carte imprimée au verso de laquelle on inscrivait son nom et où se trouvait notre adresse : OFLAG VIIB. Au recto, un formulaire cynique : « Je suis en bonne santé » et l’on signait en dessous (…). Un interprète nous lisait la liste des objets prohibés : médicaments, casque, instruments de chirurgie, bijoux, etc. A ma surprise, on ne me fouilla pas, on me demanda simplement si je possédais l’un de ces objets et l’on me prit mon casque. Je dus déposer mon argent et l’on remplit une nouvelle fiche. Nous passâmes ensuite aux douches. Par groupes de vingt (…). Il restait la visite médicale où nous dûmes attendre un peu plus longtemps notre tour (…).

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