28/08/2006

 NOTRE DEPART ?

22 juin 1940 (6)

"Inutile de dire que l’objet principal de nos conversations est la date de notre départ. Dès qu’on s’aborde dans le camp, les premiers mots que l’on se dit sont : « Alors, pas de nouveaux canards ? » ou bien « Quand part-on ? ». Et chacun de répondre selon son imagination. De sorte qu’une fausse nouvelle issue d’une blague dite la matin devient presque une réalité le soir. Et les discussions n’en finissent pas sur les chances de départ à l’une ou l’autre date (…).   Les 10 commandements du prisonnier  Un seul pain tu recevrasPour 4 ou 5 jours seulement Avec lenteur tu le mangerasPour ne point t’y briser les dents Le matin tu te laverasMais sans savon le plus souvent A l’appel tu te rendrasMais ne sortiras point du rang Du colonel tu écouterasLes avis toujours très importants Les officiers tu saluerasSi possible correctement Chaque nuit tu te lèveras Sans aucun droit évidemment A ton départ tu penserasMais sans trop le croire imminent Les mégots tu ramasserasAfin de fumer constamment Par ce moyen tu t’amuserasEt grossiras certainement   Ce n’est pas un chef d’œuvre mais cela résume assez bien notre situation. Il y a des variantes à l’infini. On pourrait épiloguer de longues heures ne fut-ce que sur la nourriture ou la tenue des prisonniers, sur l’appel, la lessive et le moindre des événements de la journée. Ici tout prend une importance considérable, les jours se traînent l’un après l’autre, identiques et monotones de sorte que le plus léger changement éveille toutes les attentions et suscite des réflexions les plus variées et imprévues". 

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